Divagations sans suite

 

@   Séparation.

                                                                                                (i.m. Charles baudelaire)

 

Black Hole I ( la Nébuleuse des Amants )  2005  JLMi

 

Le suaire des nuages,

chrysalides funèbres,

sous les orgues du vent

se creuse du gouffre séculaire

d’une cité de fange

où deux vies vis à vis

achèvent de s’écharper.

Au ciel bourbeux et noir,

les soleils malsains

distillent lentement

la liqueur qui les ronge.

Les plaines de l’ennui,

profondes et désertes

ont rongé jusqu’aux os

leurs ombres léthargiques.

L’unisson silencieux

de leurs luttes intestines

mieux encore que la mort

les a décomposés.

 

@   Disparition

( i.m.  Fernande M.)  

( Rencontres Improbables III ) Âges  2004  JLMi  

Au fil du vent du nord,

les feuilles tourbillonnent.

 

Dans ton manteau de terre

à la doublure de bois,

tu passeras l’hiver,

sous la pierre qui fait toit.

Ton regard est pareil

au regard des statues

et voit du même œil vide

les bons et les méchants.

 

Tous les vieux souvenirs

glissent au fil de l’eau,

les Paradis perdus

resteront les plus beaux.

 

Au fil du vent du nord,

les feuilles tourbillonnent.

 

@   Maître du Silence.  

                                                                                                             (i.m. Arthur Rimbaud & Paul Verlaine)

Un Être-Foule / au cœur de lui-même, là / où n’est pas l’Autre  2005  JLMi

 

Dans la limpidité morne des étangs noirâtres

affleurent les granits de l’inévitable.

La Nuit, femelle lubrique

rencontre par effraction

le crépuscule des Fous.

Éphémère éternité,

les flammes du vent

prolongent les songes

de l’obscène absurde.

La profondeur noire des airs primitifs

de l’interminable symphonie des rêves

transforme tout instant en atome du Temps.

Dès demain, des deux mains,

je saisirai la lune

aux drapés telluriques

encaissés dans l’abîme

des ondulations de rosée

de la campagne en rut.

 

Alors, parmi les râlements sourds

de la houle qui déroule l’effroi vert

des vagues lentes de l’espace immense,

je serai maître du Silence.

 

***

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