le Sens Secret des Choses

 

***

 

 

§ Corridors sans fin

du sens secret des choses.

Le revers de rien.

 

§ Gouttes d’eau froide

sur des pierres brûlantes –

Ont-elles le choix ?

 

§ Homme primitif

des tabous originels ;

pensée magique.

---

Saisir l’arc en ciel

et tenir une source

au creux de la main.

---

La clé du champ clos

des vieux itinéraires

secrets de la vie.

---

Un jour ou l’autre,

nos yeux iront reposer

aux larges horizons.

 

§ Trois petits singes –

stratégie de l’autruche.

Comment s’échapper ?

---

Trois singes tristes -

faire part à faire peur

de l’humanité.

 

§ Aria oubliée

d’un désir à se dire.

Saveur exquise

à des années pénombres

dans le puits des souvenirs.

---

Graffitis d’aria

dans l’espace impasse.

Electrons libres.

 

§ Au bal des nuits nues

l’écho du parfum des pleurs

sur l’étang de feu .

---

Au bal des nuits nues,

les couleurs rouillées du temps

allument un feu

dans la tête du diable.

Proches apocalypses !

 

§ D’un avenir noir

l’écho du parfum des pleurs

prend pied dans le ciel.

---

D’un clair avenir -

loin comme dans un rêve-

des ombres feutrées.

---

Voici qu’aujourd’hui

trébuchant sur hier, en

tombe sur demain...

 

 

§ Les chardons ardents

d’un mensonge immense.

Buisson du Sinaï.

Des poèmes de sable

gravats de la mémoire.

---

Con d’imaginer

les chardons de l’au delà.

Retour sur Terre.

 

§ Ni commencement

ni fin. Seul ton voyage

intérieur. Lui seul.

- - -

Mon nom ? Oublié !

Oublié comme ton nom.

Plus rien ne reste.

- - -

Combien de chemins parcourus ?

Combien de fleuves traversés ?

Dis ?

- - -

Seuls ses yeux parlaient.

Sa langue était morte

sous son tchador noir.

- - -

Seuls ses yeux parlaient

aux flancs gravides des monts.

Beauté d’illusion.

 

§ Clarté du vide,

imparfaite jusqu’à la perfection.

Terreau d’un désespoir.

---

En lent glissement

s’écraser sur l’infini

des ruines de sang.

---

Musique,

un art à l’état gazeux

au doux creux des plis du vent…

---

Dans ses formes nues,

sculpter l’imprévisible

dans le silence,

cathédrale de glace

aux sombres couleurs de suie.

---

Crocher aux lourds seins

des sphères vagabondes

et laisser filer,

---

au coeur des trous noirs

le temps ne signifie rien.

Ni début, ni fin.

 

§ A rebrousse poils

de pâles figurines

cunéiformes,

---

doucement,

l'eau caressante et creuse

fait les femmes plus belles.

---

Sueurs intimes

dans les plis de la toge

des vents de Rose.

 

§ Dans le vent, aria

du futur antérieur de

passés infinis.

Des femmes aperçues

à travers le voile des roseaux

plissé par le vent -

Humer leurs odeurs saines

remontant aux collines...

 

§ Le fleuve Alcool,

torrent déchiré aux rocs

des solitudes.

---

Confusion lente

des buveurs solitaires

métamorphosant

les faveurs solidaires

en baveuses effusions.

---

Soupirs résignés,

renoncement à l’action.

Vite, le rire !

---

Ombre d’un danger.

Eclair d’effarement.

L’œil n’est pas le bras.

 

§ Dans les plis secrets

des griffures de l’âme

un reste d’espoir.

---

Dans les plis secrets

des montagnes liquides

la source de vie.

 

§ Art à respirer,

la lune tintée de sons

hantés, rieurs. Sens.

La lune teintée de sangs

comme par humour de l’art.

---

Art blême à blasphémer,

même à apostasier,

Politique !

 

§ Fleur de vide sous

la face insonore

de la lune.

- - -

Dans les plis du vent,

des espaces infinis.

Bonheur esquissé.

 

§ Aux instincts naissants

d’enfance enfin enfuie,

rêves aux ailes bleues.

- - -

Yeux pleins d’un passé

d’horloge silencieuse –

enfance enfouie.

- - -

Tout est en ordre,

le tout pour le tour est joué.

Bonheur toxique.

Cicatrice de l’oubli,

la vie vite oubliée.

 

§ Au poing poisseux,

poésie tout en pause

d’un poignant poignard.

---

Paupières closes.

Peaux des percussions frappées

paumes ouvertes.

- - -

Gongs et voix sourdes -

Mélopées tibétaines.

Passeports d’ailleurs.

- - -

Où faire tinter

les perles de verre en

émoi d’incendie ?

 

§ Seul dans un monde rouge

doublure de la nuit.

Sombre clarté du vide

aux oeillères d’une vie

baignée d’une froide lumière

blanche et poussiéreuse.

 

§ Des gouttes de vie

comme autant de perles

puis, l’étang triste.

---

Etrange étang

où l’étranger étranglé

étend tant les temps.

Terres pacifiées –

mais il ne faut pas s’y fier.

Tout peut arriver !

 

§ Nuit de satin bleu.

Aux plis des velours du vent,

un cygne des temps ;

allergique au bonheur,

n’ayant rien en ayant tout.

---

Un signe d’étang,

des temps d’indifférence :

un totem de mer,

maintenant maintenu,

pour être bien sûr, bien sûr !

 

§ Dans le silence

des grands déserts de l’ennui

la vie en fuite.

L’esprit évanoui

dans des instants chavirés

de miroir sans tain.

Impasses du temps,

oasis de silence.

Roue immobile.

 

§ Et vient cet instant

des soirées où l’eau sèche.

Curieux mystère.

---

Mais un bon matin

autre chose que le jour

poindra du levant.

 

§ Un monde sans bruit,

la plaine de rochers nus –

Champ monotone.

- - -

Chant monotone,

étendue comme durée –

Un monde sans fin.

 

§ Plein d’indifférence

attendre en silence

la délivrance...

---

des poissons de pierre

collectionneurs de brume

des grands courants froids

jaillis de rampants brouillards

d’eaux sans rivages.

---

Rouler la bâche du ciel

dans des vases gargouilles

puis, s’enfuir.

---

Aller se noyer dans l’oubli complet

des profondeurs glauques...

Enfin se déshabiller de la vie !

Mais l’univers a-t-il jamais vieilli ?

 

§ Brasser le silence

des termites du vent.

Montagnes amantes du fleuve.

---

Sous le soleil dur

femmes flammes et lueurs

dans le jour des temps.

---

Autour d’elles remuer l’enfance

du goût salé de leurs secrets.

Leur soleil est un nuage.

---

Leurs regards hantés

tout inondés de clarté.

Quel espoir en vue ?

---

Dans tous ces regards

voiles bleus du souvenir

des solitudes.

---

Dans tous ces regards

traces de bleus à l’âme.

Une musique,

de fugue nostalgique

en lamento funèbre.

---

Ardoise des peines

en flammes de chandelles

ou bateaux d’ex-voto.

---

Fin d’amour

en moiteur fade du vent

dans un volcan en sueur

---

Vent errant sans but,

des étoiles à la mer.

Brève aurore.

 

§ La mort est plus vieille

que l’amour. Comme toujours,

des rumeurs dorées.

---

La mort a toujours

de quoi vivre. Bien même.

Pourquoi s’en faire ?

---

Aller vers la mort

et ne plus avoir d’âge,

lors viendra la douceur

dans un mot secret :

« au fond d’un homme mort,

le dur désir de durer,

des flammes froides. »


§ Souvenirs amers

de la force des choses.

Hiver de l’âme

---

Paupières closes

aux bruits légers de la mort.

Un soupir lointain.

---

Soleil intérieur

vertigineux et lumineux

des obscurs jardins.

---

D’odeur sauvage

en baisers de lumière,

clameurs du vide.

---

Tendresse triste.

Souffrir dans le silence.

Temps consolateur.

---

Rumeurs du monde

jusqu’aux horizons tremblants

du temps primordial.

---

Sous la pluie tiède

le monde sans fin, sans bruit.

Clameurs du vide.

---

Dans l’obscurité

des sources de l’aube

refermer le passé.

---

Anges atroces

de cette vie lamentée

si lamentable.

---

Dans l’aube mauve,

pour quelque mot essentiel,

un matin perdu.

---

Eperdue, tendue,

polie face au néant.

Vive voix du vent.

---

Tout s’en va, comme la vie

dans le débarras du choix.

Pour toujours.

---

Trébucher soudain

sur le brutal infini

d’une seconde.

 

§ Par rancœur du cœur

éclairer les confusions,

échardes du temps

---

Les gongs assonants

assommant des confusions

assoupissantes.

---

Criblé d’orages,

un Golgotha laxatif.

Fumier des choses.

---

Halo de plénitude

des bizarres prophéties…

Enfin mort.

---

Fanges reculées

de la conscience obscure

des voleurs de feux.

---

Les mots mentent.

Seule la douleur est sincère.

Outrageusement.

 

§ Des eaux profondes

comme un rêve en plein jour.

Antique Cité.

Sombre et calme,

insupportable beauté

de ce lac d’ennui.

 

§ Du clair à l’obscur

un souvenir d’étreinte,

horizon fluide.

---

Du clair à l’obscur

un souvenir d’étreinte -

Des renvois de mort.

 

§ Comment y voir clair ?

En dormant chaque rêve

les yeux grands ouverts.

Instant infini

au clair azur torrentiel

de la jouissance.

- - -

Poussières d’eau aux

sonorités dissoutes

d’étendues perdues.

- - -

Plage de la nuit

dans l’ombre émouvante

des regards absents.

 

§ Chants de passage

pour qui sait vivre sa vie :

triple concerto.

---

Couleurs de rage

pour habiter son enfer.

Durer ou céder ?

---

Couleurs d’orage

pour qui sait cesser sa vie.

Un souffle d’oubli.

 

§ Un instant passé

sur le rebord du monde

des essaims d’ombres.

Dans le flanc gonflé

et pustuleux des choses,

des fleurs corrompues.

---

Aux frontières du vent,

les statues aux yeux morts, incendiés,

des temps endormis.

---

Jardins de pierre.

Des nuages blancs sans fin

entre les lignes.

---

Dans le ciel entier

ambiance de gelée blanche.

Félicité des commencements.

---

Froide lumière

de mon rivage sombre.

Un ciel tragique.

---

Déchirure

du rideau écarlate

d’arbres obscènes –

Sur l’horizon purifié,

des arbres en majesté.

---

Essaims d’ombres,

arriverons-nous jamais

aux eaux flexibles ?

 

§ Temps décomposé

en épure funèbre

et hypnotique.

---

Brouillard d’ennui

aux étangs d’indifférence -

Bruissements d’arbres.

---

Un soleil brouillé

éparpillant au hasard

des rêveurs de mer.

---

Des champs de la nuit

jusqu’aux horizons épiés,

une tristesse d’eaux.

---

Des eaux de terreur :

la vérité par flaques

et ses fruits amers.

---

Mirage.

La lente immensité

de la nuit implacable.

---

L’océan de nuit

des régions immuables,

seul refuge

des âmes solitaires

irritées du vulgaire.

 

§ L’immense rumeur

si tous les passés passaient...

Chants de passage.

C’est dans l’horloge

aux rouages sauvages

que la mort loge.

---

L’horloge nous déloge

d’un silence alourdissant.

Compromis.

---

Verdict silencieux,

rien est réponse à tout.

L’immense rumeur…

 

§ Dans des draperies

vagues de solitude

versicolore.

---

Remonter le temps –

Un rêve inutile

tout ce temps perdu.

 

§ D’un jadis inouï

entamer les réserves

d’avenir… Fuite…

---

Les idées fuyant

dans les volutes des mots,

fumeux mensonges... car

---

au fond du gouffre

de tous les passés obscurs,

un massif ennui.

 

§ Une odeur pend

comme une guenille

sur toute les vies.

Aminée et fétide

où va-t-elle soudain ?

 

§ Poubelles du temps

lieux des fêtes défaites.

Tribulations

---

Nés désirés ( ?),

mais nés néanmoins en plus.

Déréliction

---

Un rêve commun,

vivre comme on rêve !

Désillusion.

---

Occupé de rien !

Art de très-passer le temps.

Dissolution.

---

Des gouttes de vie,

de la merde plein les yeux.

Consternation.

---

Ainsi allons nous…

---

Montreur de ruines

à la tête d’éponge.

Adieux aux drames…

 

§ Sur un coussin bleu

la lune solitaire.

Sur quel meilleur lit

m’étendre pour mes sommeils

dans la voix creuse du vent.

---

L’ombre liquide

des profondeurs infinies

Décors de sommeils.

---

Dilater la nuit

de rameaux de musique.

Voûte des rêves.

---

Désir au profil

de menteur sans vergogne.

Aiguillon de vie.

---

Salutaire

apogée de l’extase

voie de l’évasion.

 

§ Des bouts de bois brut

à la surface des eaux

du profond passé.

---

Bruit traînant des pas

dans les longues rues grises.

Poids du quotidien.

---

Monter sans cesse,

lents,  ce même escalier

jusqu’à  percevoir

---

la rauque clameur

permanente de la mort

inévitable.

 

 

§ Monde sans soleil.

Au plus profond des failles

du grand océan

- - -

des états sombres,

des voiles de ténèbres

marmoréennes.

 

§ Souriant au soleil

et rêvant à la lune –

comme détaché.

- - -

Pousser devant soi

ses brèves journées de vie

versicolores.

---

Marcher en plein vent

dans l’écume livide

du clair de lune.

Blanche lueur de perle

d’abondance confuse.

---

Marcher en plein vent,

dans un monde sans soleil,

au bas de la vie.

Atteindre l’autre rive

tout inondée de clarté...

 

§ Jours d’errance sous

les durs traits de lumière

du burin du Temps.

---

Rechercher sans fin

tous ces riens inutiles.

Que de souffrances...

---

La rauque clameur

des fractures du monde,

puzzle en pièces.

 

§ Des vents fades,

un mur couvert de mousse.

Estompe du Temps.

---

Ombres crénelées

des affreuses murailles

de l’esprit humain.

---

D’édit diluvien

en paresse de vivre,

des yeux de bétail.

---

Les désirs dorment

les uns avec les autres.

Silence. Merci !

 

§ Marche des ombres

sur un mur. Jour après jour.

Une simple Histoire.

---

Les traces d’un feu

au cœur de ruines grises :

erreurs d’une vie.

---

Aux sentiers des mots,

les cailloux de la peine

me font trébucher.

 

§ Au puits d’inscience,

un rescapé du futur

dans le vent d’avant.

---

Du chapelet du temps

égrené jour après jour,

aucune trace.

---

Dans la nuit noire,

errance solitaire.

Moment d’illusion

---

d’aller déposer

les filets du souvenir

au vent des regrets...

---

Noir puzzle gourmant

de nos âmes fatiguées

d’absurdes désirs.

---

Conjugaisons

au passé pas si simple...

d’un futur antérieur.

 

§ Au cœur des foules,

douceur de solitude.

S’isoler en soi.

- - -

Vivre l’ivresse

aux lumières errantes

puis, se dissoudre.

 

§ Des morceaux de temps

empilés en désordre.

Passé d’une vie.

Des vies écrasées

en lumière liquide.

Ombres d’absence.

---

Un lac de néant

vers des matins étranges

aux lèvres closes.

---

Folles utopies,

car seuls les morts sont libres,

car seuls les morts sont ivres

de l’éternel silence.

---

Doux vade-mecum.

 

§ Fugue fugace

du silence de la mer.

Notes vagales.

---

Notes fragiles

des musiques du vide.

Le choc des sphères.

---

Idées furtives,

cathédrales de verre,

déité athée.

---

Partout des sphères,

berceau des origines

perpétuelles.

---

Vies flottant dans un

vacuum espace-temps.

Eternels retours

 

§ Des lignes de chant

dans un puits de silence.

A perte de fond.

Chacun la sienne.

---

Dans les entrailles

du silence vont de lents

chants linéaires.

Chacun le sien.

---

Chacun

à contre courant

atteindre l’autre rive

pour rêver sans fin.

Sauver sa barque

des bourrasques amères

puis tout écoper !

---

Au creux de la main

lumière de nuages.

Et le soleil, quand ?

 

§ L’angoisse lustrée

des confessions bizarres.

Ortie sur ma peau.

---

Dégoût de la vie,

de ses orties avides,

de son grand vide.

 

§ Sous la fenêtre

des immensités mornes,

plaintives rumeurs

---

Echos intimes.

Transparences de la nuit.

Parfums ennuyeux.

Des soupirs grondants

après de fades ennuis.

Comme au hasard.

 

§ Des branches noires,

comme un rêve menteur.

Délayer l’ennui.

Boire et rire avec les fous.

Sournoise dépendance.

---

Comme un hasard

dans une nuit épaisse,

l’indifférence.

 

§ Orgueil malade,

comme rongé de rouille.

Fierté vétuste.

---

Vivre par oubli.

Se trouver partout perdu.

Un goût de dégoût.

---

Ombres de l’âme,

lambeaux de tout l’univers.

Les Orgues d’orgueil...

 

§ Des arabesques

au cœur de la vacuité.

Ainsi va la Vie.

---

Rides fugaces

à la surface du temps.

Ainsi allons-nous.

 

§ Longues figures

des artéfacts  temporels,

toutes semblables.

---

En apesanteur,

écume des longues nuits

que l’on dit blanches.

---

Dans la pesanteur

des ombres plaquées au sol,

l’écume des jours.

---

Ecume des jours,

d’infini tendresse en

infini chagrin.

---

Comme un cocktail

de glaçons et de braises,

la vie lentement.

 

§ Mythe décisif

du hasard illimité,

trou noir r(el)ationnel.

---

Mythe décisif ?

Semeuse de confusions,

une lueur bleue…

 

§ A l’aventure

sur les routes du hasard,

tard sur la Terre.

---

Larmes d’écume

d’un désert sans mémoire.

L’homme, simplement,

pour percer des fenêtres

dans le mur du rationnel.

---

De nuit comme de jour,

absurdité d’un rêve...

celui de la vie.

---

Friche déserte,

un jour la vie disparaît,

comme un rêve.

 

§ Un oiseau chantant

dans la langue des songes.

Quel drôle d’oiseau !

Rêve absurde

dans la langue des contes,

ainsi va ma vie.

---

Notes grêles de

la musique des songes.

Espaces vides...

 

§ Si éphémères

lacunes des lagunes

des vies superflues.

---

Je suis là rêvant derrière la fenêtre...

Fumées d’encens porteuses de mélancolie

traversées d’un faisceau de rayons de soleil.

Et mes oreilles sont pleines d’obscurité...

---

La lune se glace -

à trop regarder dehors

mon regard a usé la vitre.

 

§ Bambous de Xu Wei.

Parcelles de conscience

Légende sans mots.

 

§ Dans le quotidien,

portes grandes ouvertes,

toujours prisonnier.

---

Présent prisonnier

pas de vent, tout est figé.

Partir pour ailleurs.

---

Pour ouvrir la nuit,

balayer les poussières

de lumière bleue.

---

Pour percer la nuit

d’un long passage étroit :

la rue de l’Oubli.

 

§ Projet de sable.

Pour lire dans les pierres

la trace du vent.

---

Dans le lit du vent

la pierre de silence

du delta du soir.

---

Lâché dans le temps

où l’on ne voit plus la mer

la nuit dérive.

---

La nuit sans âge

et il n’est là rien d’ autre.

Aube des mondes

 

§ Ivre d’images...

Mais les images meurent

comme les plantes.

---

Combien, aujourd’hui,

d’images de moi-même ?

Combien de mortes ?

 

§ Silence des sens,

signe discret de mépris.

Vacarme des mots.

---

Silence des mots.

Autant de bleus à l’âme.

La vase du soir.

 

§ La Nuit sans âge

ensanglante ses ailes

trempées d’étoiles.

---

Ne plus écouter

que la nuit bleutée du cœur

afin d’entendre.

 

§ Je veux rester loin

des œillères du présent,

perdu mais vivant.

---

Je veux rester seul

dans la forêt des livres

aux recoins obscurs.

---

Je veux rester seul

en spirale de papier

pour crever les murs.

---

Je veux rester seul,

me coucher sur l’océan,

voir le fond de l’eau.

---

Tout vient du dehors

par les recoins obscurs

trempés d’étoiles.

 

§ Dis, quand on est mort,

c’est pour combien de dodos ?

Cancer d’un enfant...

 

§ Les fleurs étranges

des étranges étreintes...

Robe d’iris noirs.

---

Appuyée au mur,

que tu es impatiente.

L’ombre d’une fleur.

---

Participer aux

rencontres improbables

du monde flottant.

 

§ Je ne sais plus rien

de mes sages messages...

qu’un amer désir

---

à mer des désirs,

madrépores aveuglés

parmi les herbes.

---

dans mes épaves

vient battre le pouls du temps

bourré d’êtres gris.

---

Je ne sais plus rien,

entonnoir de silence.

Vide de la vie.

 

§ Il pleut dans les pas

du vieil homme mort hier.

Comme coup de gomme.

---

Voix des étoiles

aux amours galopantes.

La Terre est close.

 

§ Aux ombres fines

des lumières de la nuit

dernier vent usant

---

Lune lagune

de l’aurore amère.

Grêle et frêle.

---

Barque de la vie

au vent sous les étoiles.

Simple illusion.

---

Le nu des notes

de mon acide chagrin.

Jungle des rêves

---

Colonnes de sel

de lents courants souterrains.

Haleine d’acier.

---

Rage d’un long jour.

Seul au bout de la route

et les yeux vides.

---

Tout peut s’effondrer

et abattre le cœur...

Et l’esprit aussi.

---

Savourer le goût

éclatant de la douleur

aux ombres fines.

 

§ Des gestes de feu,

puis ses yeux me tamisent

Galaxie d’ennui.

---

Recherche du jour

dans l’ombre bleue du désir

Rêves évanouis.

 

§ Esprits lunaires

au bourdonnement violet

de proche néant.

---

Violent silence

venu d’ailleurs et du vent.

Doublure des jours.

---

Au bord du trou noir

le vent sec brûlant de bruits

d’un cataclysme.

---

Echos de la nuit,

en lumière imaginée.

Plus rien n’a de sens.

---

La peau liquide,

je suis mort depuis longtemps,

écho sans réponse.

Je suis venu d’ailleurs

et du vent de nulle part.

Hasard silencieux.

---

Une vie d’homme ?

Pas même une égratignure

à la surface du temps.

 

§ Sueur de pierre.

Taillis inextricables

de nos angoisses.

---

Boire l’eau obscure

au goût acre de vengeance,

fleur d’obscurité.

---

L’obscurité coule

en soulagement de l’aube

aux ruines du temps.

---

Lent goutte-à-goutte

des impressions fugaces.

Clepsydre du Temps.

---

Partir les pieds nus

sur les sables mouvants de l’esprit,

aux frontières du vent.

---

et de l’autre côté du vent

trouver ce futur

qui sera mon passé.

 

§ Je n’ai rien choisi.

Je suis né. Je suis ici.

C’est tout.

 

§ Couler vers le bas

est la nature de l’eau.

Vers où coules-tu ?

 

***

 

§ Le Cours des Choses,

vieux sphinx à tête grise.

Racine du mal.

---

S’écrouler soudain

puis se vivre en rêve.

Silence des Choses.

 

***

§ Une vie à double fond

au goût salé de Journal infime

du Sens Secret des Choses

 

***

 

( 2003 -2006 Extraits de Poussières des Jours, journal en vers libres. Formes  au plus proche du haiku  (5/7/5), du senryu (17 syllabes) et du tanka (5/7/5/7/7) mais thèmes hors sujet de haiku )

  retour accueil rubrique