Les Portes à Tambour
 
Après tant de millions d’années,
cette simple minute où tu lis ces mots…
Elle seule est.
 
Rêves de Passage
 
Clapotis des reflets sur l’eau…
Déluge de souvenirs.
Ivre, tu erres dans ta carcasse
indicible dégoût, bain de douleur
M’aimer pour la honte que j’inspire ?
Pour circonvenir l’éphémère
adresse toi aux nuages
ces femmes fleurs de hasard !
 
Dans une chaleur brillante de pierres sèches,
l’appel du silence
Parfum de foudre par flashes
Nuit, pieuse mélopée barbare
d’orante errante
dans l’antécédence des mots
Rimes froides
Merde du seigneur !
 
Traquer les yeux des morts dans la chevelure des tombes
ou glisser sur le fil du rasoir à main d’un homme creux.
dans une éclipse d’apocalypse.
Chiures bleues de l’arbre à peinture
aux ronces qui me déchirent le ventre
vide, avide, où surissent les rêves de passage.
Ponçage des neurones à l’émeri de l’alcool
Dévoration.
 
‘’La mort est l’unique fête de l’existence’’ *                 
 
Sables de passage
 
Précipité de hasard magnétique.
Lumière désinvolte
des mouvements de l’immobile
d’un lointain de femme.
Formes aromatiques         
aux teintes narcotiques.
Illusions élastiques
des antans authentiques.
 
A la pointe du présent
la nuque forée
par un scalpel de lumière
en effacer la trace,
dans la rouille du métal des mots,
flux et reflux
du déluge vitreux de la nuit
dans l’espace
 
Puis chair crue du soleil
courant au caniveau de la vie
vers les horizons vitrifiés de l’horizon
afin de pénétrer enfin le vague de la rêverie
et finir en dansant sur l’océan des Solitudes Infinies
pure traversée-apparence des sables de passage
de ces mots ligne de fuite en sépia
d’un lavis de nuage
 
Mettre la parole à l’épreuve de la lumière…
 
Art de Passage
 
Du rouillé fouaillé de mots mouillés
jaillit la connaissance sténographique du monde
essence de la matière d’un impossible après
rêveur de rocs, croqueur de rêves.
Lumière incendiée.
Nouvelles clameurs
d’émeute des meutes du soleil
Sisyphe !
 
Les éjaculats aérolithes
des pulsions charnelles des horizons lointains
chair-de-poulent les laves gelées
dernière et désuète décence des sens.
Sens du désastre
des astres désuets
vitrifiés par la ‘’force putréfiante
des ambiances crépusculaires’’ **              
 
En feu, en jeu, en joie, en foi,
enfin en Toi,
‘’écope d’angoisse
paquebot de papier’’ ***                                      
Joie du péché
comme un art de passage.
Naissance préfaçant la mort,
odeurs crissantes alentours.
 
Frag(ile)ment(songe) d’Eros
 
Corps de passage
 
Etrange échange d’anges
d’une infinie finesse d’aile
d’elle dans la  vallée de la petite mort.
Dans ces fissures furtives
lécher sa lumière
aux balcons vieillis du temps.
Douce douleur,
plaisir amer.
 
Au bord d’horizon ivre
grand remuement de lueurs
feu de foudre au cœur
fantasmagories absurdes
éléments de cauchemars
rumeurs étranges.
Sous un nuage de bruits au vent géométrique,
l’Araignée de l’espérance arrache son masque.
 
Traversée des apparences
trop près du temps où tu priais
dans le brumeux d’un homme ombre.
Combat des pas dans la porte à tambour 
de l’enceinte du néant,
décompte inutile des corps de passage.
Crainte et désirée la solitude s’efface,
leçon du silence d’un sage hors d’usage.
 
Simplicité d’après le grand chaos.
 
 
*         sven lindqvist
**      aimé césaire
***     bruno toméra