Lettres d’avant les Mots

 

 

… rien n’a été…

 

 

« La lumière griffa l’ombre ascétique et secrète
où les formes se fondaient en lettres d’avant les mots
puis venaient s’assembler au fond de mes yeux clos 
en images 3D vêtues d’un soleil torride.
Lors je peignis les dunes tels rocs coagulés
à grands traits d’aquarelles et de lavis discrets
autour de pieds furtifs ne laissant pas de trace. »
Otto Zig / Peindre les dunes

 

 

 

 

Ombre ascétique,
secrète,
griffée de lumière
Formes fusionnées
en lettres
d’avant les mots
Œil. Fond
 
Assemblages-images
3D vêtues             torrides
Sueur de résine 
Ressac de soleil
Ecume de nuages
Marée basse
 
A grands traits
de cyprine de lune
je peins les dunes
Lavis
en pâleurs obscures
fureurs coagulées
façon sperme d’étoile
 
Autopsie !
L’émoi est mort
Deuil de lumière
là où le temps repu
se rompt
Rien n’a été…

 

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…dans le verre vide …
 
Archive du silence universel,
le nulle part me fascine.
Cette inexplicable légèreté du vide.
Comme des parfums en débandade
sur la peau du ciel.
Homme de néant-silence en de lointains sommeils,
l’esprit, zonier, dans ma boîte d’os-crâne,
j’étais, je suis, je serai … deux mains et
calligraphie d’un visage familier.
Un masque prophétique des états flegmatiques
dans la solitude du nombre.
Oeil de l’eau,
squelette du temps
ou porte de parole
car tout est jacasserie
dans la répétition des murmures,
le silence terrifie.
Alors, chercher la plénitude
dans ce que suppose l’aigu du réel
d’un cailloux dans ma chaussure
ou dans les lettres d’avant les mots
s’assemblant au fond de mes yeux clos
en amas de mots morts
dans ma géométrie des ombres.
Tous ces mots que je vois
dans le bâillement de la fente du monde
sous le halo des pierres femelles.
Tous ces mots à l’assaut du rêve
dans les aboiements du sommeil.
Lors, la chambre
aux murs élastiques
se donne au blanc,
blanc piqué de chiures bleues
de l’arbre à peinture.
Diffraction stratégique du souvenir
à la surface de l’étang laiteux
des laitances de lune.
Furie des féeries d’un feu fou ou
orgie des origines dans un chaudron d’haleine.
Des vertiges me touchent.
J’ai bu dans le verre     vide     du sens de la vie.