Mais si tu…
à la Louve unique    
 
 
Même si…
                                                                          
Il est de ces journées qu’on oublie aisément,
il en est autre qui aurait dû vivre mille ans,
 seule dont le souvenir restera présent
même si…
la vie allant tout deviendra lent, si lent.
Si lent, silencieux, 
même si…
 
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Lorsqu’elle ouvrait la main
                       
 
Je me terre, m’atterre.
Me taire ? Que faire ?
Un prénom presque effacé, enchevêtrement d’ombres.
Une certaine idée de l’encre.
J’ai envi d’embrasser une bouche au goût de silence,
de me frotter à l’immobile,
de déposer des secrets dans le creux d’un arbre 
de dire que lorsqu’elle ouvrait la main
les étoiles s’envolaient pour sillonner la vie…
 
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La mort me lèche le cœur.
Crue sensation d’une brume qui brûle.
Ressac incandescent
nappé de napalm.
Ultime lumière
des instants unis vers celle
dont la voix bleue
aux ailes hypnotiques d’ange dégluti dit
je suis seule…
 
Vie rage à cent quatre vingt degrés
retour au tréfonds crédule
de ces lambeaux
de la surface des choses.
Faire taire mes silences tumultueux.
Respirer les déflagrations des terres plates de nos mémoires impunies.
Respirer à pleines mains les rêves sans cendres de nos tendresses furtives.
Respirer les secrets de la croisée de tes hanches si blanches.
(te) Respirer tout simplement, Toi,
Louve Unique.
 
Du plus loin qu’il m’en souvienne…
                                                       
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Corps, t’ai-je ?
 
 
Les quatre vents sur mon visage
épousent les formes de ton corps
- t’ai-je ? -
aux senteurs marines
des salines de Tara.
Electrique, éclectique,
prolongation de ce caché
qui fait reculer la mort
dans l’effeuillement des solitudes évasives.
 
Antoine a déjà vingt ans …
rêves aujourd’hui concassés.
Dérision dérisoire.
L’amitié comme un art ?
Plus qu’hier
- sans doute moins que demain -
le doute se déploie.
 
Du ressac plein son sac, la mer…
                                                        … mais si tu…
 
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