Méditations oniriques

 

 

 

   Rides fugaces / à la Surface du Temps. / Bruits du Silence  2004  jlmi 

 

Le Temps

 

@      Putréfaction et

pétrification du Temps.

Purification.

La pousse surgit,

La graine meurt à la vie.

Calme est la nuit.

 

Tombée de la  nuit.

Vue de la mer maintenant.

C’est une illusion.

 

Dans la mer du Temps,

noire est l’ignorance

des yeux morbides.

 

@      Objets solides,

le Temps n’est pas aussi lent.

Vent dans les arbres.

 

Silence parfait.

Une bulle sur la mer

du Temps qui passe.

 

@      L’eau de l’avenir

rêve d’unité dorée.

Mer noire du Temps.

 

@      Dans ce monde de néant

glisse avec délice

dans l’eau du Temps somnolent.

 

Le monde en abîme

est lugubre sous la pluie

à la tristesse lasse.

*** 

 

Piece of Soul I  2004 jlmi  

 

Vacuités. 

 

@     Puis-je me lover

dans la vulve suave

de la vacuité ?

 

@      Le vide ? Réel.

La vie ? Parcours irréel.

Libre ta chute.

 

Sixième sens

l’Esprit simple organe.

Vide infini.

 

Que dit l’Univers ?

Tout est la même chose !

La cloche au loin.

 

@      Qui est Dieu ? Nous !

Le mystère-cristal est

matins frais et purs.

 

@      Dieu n’a pas de Moi.

D’opinions, Il n’a pas.

Cœur solitaire ?

 

@      Car il est partout,

ton esprit n’est nulle part.

Vois l’Autre Rive.

 

Vie née du vide,

piège de la Nature,

poison de l’esprit.

 

Le travail du corps

délivre de l’errance

l’esprit de l’homme.

 

Fermiers intuitifs

fermez les yeux et voyez.

Le Vide est Tout.

 

Rêveur, tu es fou

de regrets et de rage.

Où es-tu allé ?

 

@      L’infini néant

de nos fleurs-visionnaires

parfume l’esprit.

***  

Alfa                                                               2004   Marlène Dumas

   

La Mort...  

@      Je voulais dire

adieu à chacun de vous.

Le temps m’a manqué.

 

@      Amie de toujours

ma seule certitude

la mort un beau jour

 

@      Pure et simple,

la mort possède les os.

Le vide est infini.

 

Suicide vivant :

regarder et ne rien voir.

La mort est vérité.

 

@      Dans tout ce fatras

je vois mon ignorance.

La mort ? l’Age d’or.

 

@      L’Univers vibre

pour éviter la chute.

L’Âme est morte.

 

Des yeux ténébreux,

le proche passé s’enfuit.

Vide ma mémoire.

 

Usure du temps.

Toujours l’odeur de la Mort

collant à ma peau.

 

@      Blancs, blêmes, blessés,

nous serons traînés au loin

dans l’immensité.

 

Les yeux des Morts voient

les écrits illusoires

fantasmatiques.

 

@      Vers l’arbre caché

commence le voyage.

La Mort t’appelle.

 

@      Faut-il s’étonner

que nous ayons échoué ?

Le soleil est deuil.

 

Toute Vie sème

dans les sillons de la Mort.

Comment en sortir ?

 

@      La vie est folie.

C’est ce que le mort perçoit

au fond de la mer.

 

Après tous les pleurs,

soumis au vers dévoreur,

le mort a pris peur.

***

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