Patience de bonsaï

"En peinture les pigments camouflent les angoisses, il faut aller voir au-delà de la surface et de sa couleur."   (X in YZ sans doute...)

 

 

Même si…

                                                                                         ( à la Louve Unique)

Il est de ces journées qu’on oublie aisément.
Il en est autre qui aurait dû vivre mille ans,
 seule dont le souvenir restera présent
même si…
la vie allant tout deviendra lent, si lent.
Si lent, silencieux, 
même si…

 Th.  2008

Dans l’espoir de l’image

 

Dans les transparences inavouables d’un début de flaque,
elle était là, dressée, inaccessible,
dans le silencieux vacarme d’une averse lente,
engourdie dans l’interminable des mots
calligraphiés par les gouttes de pluie
à la surface de ses eaux oniriques,
décalage transparent de lointains crépusculaires,
méditation fragmentaire des écroulements onctueux d’après l’avenir,
luxuriance pitoyable et soigneuse de la monotonie,
froide solitude aux coins d’ombre matelassés …
Un plein sac de silence à prise rapide
répandu sur des morceaux de paroles et de rêves
gorgés de ténèbres depuis presque toujours. Puis,
dans l’épaisseur du moment…
passer par l’entaille de la lenteur
entrer dans l’espace noir
vaguer de songes de sel en vertiges quantiques
chaleur de pierre aux creux des mains
traverser l’instant de nulle part,
par toutes les horloges parcellaires de nos temps incertains,
s’insecter au gluant écran géant de la vie
corps rongé à l’acide des jours,
dire ces mots qui restent dans la bouche
en un cri écroui comme clou tordu
se laver les mains dans un nuage
pendu à la peau sale du ciel 
 
                    dans l’espoir de l’image…

 

Per. 2008  

***

 

Art_ifice Visuel

 

A
Art
-ifice.
Guenilles
dans un recoin.
Vieux draps souillés
par des mois de peinture.
Tout traces, taches, traînées,
de concrétions d’enduit, de colle.
Froissés, déformés, déchirés ici ou là.
Plaisir de les déplier avec précaution, tenir
bras tendus, d’en regarder une face puis l’autre
avant de les étendre pour en prendre la mesure visuelle,
tenter d’en déchiffrer les signes : tant de formes et de couleurs
y sont prisonnières, prêtes à se donner à celui qui prend tout son temps.
Lecture faite de cette calligraphie, commence un nouveau travail.
Après l’œil, le mètre et les ciseaux sont mis à contribution.
Comment bien extraire fonds et supports originaux ?
Les mains vont, volent, défroissent, déchirent,
caressent, plient, entassent, trient,
ici une pile très bien ordonnée
là un tas vrac de chiffes
oui, à garder, pour si
… si par hasard
abstraction
va savoir
à faire
art
V
 
Th. 2008
 
 
***
 
Quand il ne restera plus…
 
Dans l’ombre de la foudre
à l’envers des pluies
le vent fend le paysage
dans les plis poussiéreux de nos rêves
d’apprentis de l’extase.
Nos vies-boules-de-vide
font de chaque lieu un nulle part,
et glissent dans l’invisible.  
Sur le bas côté des choses
l’homme-montagne de l’éphémère
est une créature d’habitude.
Homme de pluie,
homme de rues et de ruines
je n’ai plus d’autre sentiment
que l’envie de passer derrière le mur,
du côté du grand silence.
 
Quand il ne restera plus que la lumière blanche
incendiée,
dans un râle de rêve
égorgé,
ne pas oublier d’en rire.

 

Per. 2008

 *** 

tgfop

 
Ah
Août
un matin
pas très clair.
M ! Une fois d’plus
Debout ! Salle de bain.
Brosse active sur les dents.
Regard flou, yeux dans l’vague
des taches d’eau su’l’fond d’lavabo.
Des taches s’en détache Une : femme
africaine à genoux, bras droit-lavoir levé
bras gauche tenant un probable boubou sale.
C’est drôle, elle est juste orientée vers la bonde
son eau d’lessive ira droit au but… j’me marre en d’dans
et j’bave d’la salivvvendifrice ; tout glisse dans l’boubou rose
Oui, tout rose qu’il est dev’nu soudain l’boubou
dans cette marrade-bavade-noyade…
complétement immergé il est.
Et c’est là qu’j’émerge.
L’odeur d’un thé…
Thé d’Assam
tgfop
Hop
!

             Per.2008                                                                        vous aimez le thé, faites le Thé Voyage 

*** 

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