Psychorama holographique  fragments I

 

 

La liberté gratuite au-delà des mots

La pluie à mordre pour la résonance des lèvres

La beauté de la forme, beauté de l’informe

La rencontre des corps si longtemps inattendue

La métabolisation des uniformes mités

Les stalles vides des temps de pléthore

Le corps-texte mis en feux fourbus et fourbes

La trace encore increvable des utopies indispensables

Le pouvoir subversif du Bien moribond

Les gens de solitude dans la crasse des rues

 

ill.jlmi

La parole chaleureuse des humbles instruments

Le temps des brasiers source de la lumière de l’avenir

L’aveuglement devant les évidences radicales

Les mots incertains d’une conversation lointaine

Le messager indistinct des ruches de la pensées

La brume sur les hauts-plateaux pluvieux du mensonge

Les images de soi, l’intime, la montrée et l’affichée ; plus les autres…

La sonde précieuse aux plis d’un drap froissé

L’allure insignifiante d’une anecdote, simple bavure du hasard

Le fait accompli de l’instantané photographique

Les coulées lunaires de lumière fade

La femme en nuisette dans son rocking chair sur son balcon, les yeux perdus dans la lumière changeante du jour naissant

Les murmures harassés mêlant la haine à la jouissance

La poupée abandonnée dans l’herbe comme seul indice des enquêteurs

 

ill. x

L’esprit perdu dans les blancs d’entre les mots, d’entre les lignes, d’entre les années lumières

La valise éventrée des restes du quotidien d’une vie

L’envol du plaisir d’une femme par la fenêtre ouverte puis le fond du silence éclaboussé de rouge

Le satori d’un bonsaï en zazen

L’art d’apprendre sa folie par un étranger de passage

Le souvenir d’avoir croqué des nuages

Les larmes versées sur le cercueil-guillemets

Les nuits dans la tête avant la plongée plume en main dans le champ infini de la page

L’encyclopédie en douze volumes des griefs de toute vie

La matière des voies/voix du rêve dans les gouttes d’étoiles

Les récits du temps du rêve des six cents tribus aborigènes

L’indécision des nuages face à la pluie

Le filet d’eau doucement abstrait par les sables du désert

La femme assise dans la banquette face à moi tirant compulsivement sur le bord de sa jupe

Les visages, tous, virant aux masques

La douleur de l’espoir d’un bonheur

Réponse : dans l’ombre de la lumière

Question : Où est la seule réalité ?

 

 

Psychorama holographique  fragments II

 

 

Le décollement d’un rectangle de la surface des choses

Le dessin visqueux d’une coulure de peinture rouge

Les confidences d’une maison endormie

La brûlure acide du vide dans la couleur des pierres

L’odeur d’une sculpture d’os et de dents

L’oxydation hard & soft de la vie à deux

Les chiens de faïence dans l’impatience  de nouveaux échanges de regards

Les cloisons de la nuit dans le temps intérieur

Les emballements incongrus de la machine à exister

Le délire de douleur aboutissant aux journées d’apathie éthylique

Le chant des tambours jusqu’au creux des os

L’extraordinaire plaisir d’un brusque soulagement libératoire et solitaire, façon Buk !

La Voyageuse Immobile aux confins des écrans de Connaissance du Monde, réminiscences de souvenirs charnels

Les si nombreux quelques parts

L’habitude d’interdire le souvenir par des silences inconvenants

L’univers écaillé des vieilles photos de famille aux étals de vide-greniers

L’image obsédante d’un corps sous une dalle de granit

La peau lisse et blanche et les yeux, ses yeux … puis le besoin de dire à quelqu’un  

 

ill. Odilon Redon

Le besoin, parfois, d’essayer de donner un sens à l’inévitable

La découverte humainement impossible d’un plus grave que mourir

La question : Tu es vivant ?

La réponse : Non, j’existe

Le soupçon dévastateur de satisfactions probables des affections neuves

L’évitement, ressource inévitable d’internet

L’insurrection des consciences contre l’ordre cannibale du monde

L’indignation révoltée, ce grain de sable glissé dans la machine

Le sens opposé – pas un autre sens, non, stricto sensu le sens opposé – comme seule réponse à la pensée unique

La réponse : ce que le plus grand nombre trouve normal

La question : la réalité ?

Les ronces tendues dans le chemin par leur envie de chair fraîche

Les dents dans un fruit rouge juteux ; la tache sur le t-shirt blanc ; la tache allant s’élargissant jusqu’à couvrir le paysage d’une cellophane rosée

Les chemins de traverse de Travis & Jane désentravés

L’odeur animale des algues soumises au soleil

Le bleu mémoire couleur de l’inconscient, caresse de la peau entre l’air et l’eau

Le long des veines, des articulations, la moindre chose à moitié cachée

Le mot, nu, sans place pour s’asseoir dans la spirale aux sept couleurs  

 

ill. Odilon Redon

Le clair obscur et l’invisible dans les traits de fusain d’Odilon R.

Question : comment avoir des nuages ?  

Réponse : suffit de penser au vent.

 

 

Psychorama holographique  fragments III

 

L’homme plus sérieux qu’un cancer dans le ventre d’un monde triste et beau

Les racines de nos vies molles plongées dans le sang des peuples piétinés

Les peuples singuliers frappés d’interdit  

 

ill. film Australia

L’incompréhensible terreur semée au nom d’un dieu du livre

Les paroles de sable et d'eau de la propaganda bernaysienne

Les scènes obscènes de l’arène des murènes politiques

L’amphigouri syncréto-mimétique du discours politique asthénique mondialisé

L’info du jour : Christophe Colomb serait mort dans un bordel levatin de Carthagène en mars 1491. Alors, qui a débarqué sur Guanahani en octobre 1492 ?

Le concours d’abjections bancaires ouvert comme toujours 24/24, 7/7

La simiesque insolence des tout frais enrichis en quatre roues motrices de ville

Le voyageur immobile – costumo-cravaté - au volant de son résidu rouillé de Land Rover modèle Daktari dans les rues de Paris

La grande tristesse des solitaires de la nuit, peuple des boîtes à gueule de fêtes des petits matins

Le mensonge implicite des silences explicites

Les ricochets de l’espoir à la surface des choses

Réponse : Partout et nulle part !

Question : Où se trouve le bonheur ?

La face cachée du paramètre de solubilité δ d’Hildebrand

L’envie de vide face à une bouteille pleine

Les géants aux ailes rompues traînant leurs polynévrites dès huit heures du matin, de supérette en supérette, cans de ‘’8.6’’  bien en pogne

Le temps passé – perdu ? -  à fixer les présents à l’ombre des futurs

Les visions des premiers matins du monde

La vision de près disponible avant dix neuf heures

Les grappes grises et mauves de la glycine au dessus de la porte de pierre

Le vertige des grands silences

La lumière bleue des éclairs d’un orage sec sur fond de nuit marine

L’orage enragé acharné sur une terre brûlée  

 

ill x documentaire sur le Kalahari

Le vent, la pluie, la vie toujours à l’esprit

Réponse : La sensation de vivre

Question : le sens de la vie ?

L’allumeur de soleil au milieu de la rue Sans Lune

Le voyage en patinette rouge jusqu’au trottoir d’en face

La flèche jaune d’une perruche poursuivie par un étourneau

Réponse : l’écorché d’un bœuf au mur carrelé de blanc d’une boucherie

Question : la carte du tendre ?

L’odeur d’une peau portée par un désir naissant

La tête toujours pleine de doutes mais la Voie toujours riches de promesses

Réponse :  Â, sô desu ka Takahisa Zeze San ! Oui, merci d’avoir posé la seule vraie question !  pour la réponse on repassera…

Question : quel est le temps le plus long, celui d’avant notre naissance ou celui d’après notre mort ?

L’au-delà du lointain le plus lointain, comme un aveugle

La vision des choses avec les yeux de la pluie

La poussière de ton corps tremblant dans la lumière

L’incandescence avant l’effondrement en cendres