Sur une roue de charrette
 
Avec ses mots *
 
De / à  Maryline Bizeul
 
 
Parfois des goélands se posent sur les croix
dans le pays du temps qui se perd.
Ils font émerger des terres du néant
l’accès aux univers
où une magie cherche à se dire.
Comme les roseaux, j’ai appris à me taire.
Traquer les mots pour nourrir sa faim
sinon on prend goût à sa chute
enlisé dans l’absence
à signer le silence.
Les oiseaux ont peur, la nuit,
de la chute des pierres.
 
 
* Bribes de ‘’Domaine’’ de Maryline Bizeul
remises en (dés)ordre…
Osez Maryline !
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…écrit sur l’eau
 
à Cathy Garcia                                                 
 
Au diapason d’un arbre
une fleur déplore sa fin.
Lente verse de pétales,
oiseaux spirales.
Pesanteur au ralenti.
Un pacte au sol !
Les pierres  en souffrent.
Leurs cris plaident cette vie
chambre vive, attentive
qui s’esquive du silence.
Sanctuaires  sédentaires,
de lents insectes,
avides et secs font taire
un vent sectaire.
Quelques nuages larmoient.
dans l’œil narquois
du Gudenstrup
Lors l’air thuriféraire
s’encense de poussière humide.
Ouroboros géant,
la Lune siffle en compliment
un air troublant…
 
… écrit sur l’eau.
 
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Art_scellement.
 
Dans un haïku
bien tempéré
l’excentrique Ikkyu
miracule les yeux étonnés
d’un certain nommé 
Gô-ghin.
 
Christ vert ?  jaune ?
Arbres rouges ?
Vahinés ?
Cloisonnés noirs ?
 
Qu’importe !
 
Fi des directions,
(pour)suivre sa voie.
 
Embrasser la simplicité
du sanglot liquide de la vie sur
‘’les tréteaux de la mort’’ *
où…
 
…des fleurs tombent.
 
Les pierres en souffrent
 
 
 * d’après x, références égarées.
 
 
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421, quel dé lire ?
 
Amères de leurs quêtes vaines
au divin divan d’aventure
des vents verdâtres et gris
les réalités surréelles secrètes
pendulent et mutent
en oiseaux spirales nomades sédentaires
des constellations pures
Plus de pain de peines
Plus de pluies aigres
Finie la liberté magnétique des solitudes
laissée à pourrir dans mon crâne
aux paupières closes
violettes et translucides
Finis l’ère tombale,
le quotidien du doute
quand aux lents cadrans
le froid naît aux jambes.
Finis les fruits véreux
de la chambre mortuaire
de l’intolérable intolérance.
Finis les sans ciel de l’Un faux
 
Coquecigrue d’âme !
 
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…quand passe l’oiseau blanc
 
Dans le vent
perforant la protection du silence,
glisse le haut message des femmes-forêts et des sources,
plainte inarticulée de branches sèches
au crépuscule gémissant
à l’épicentre des rochers nus.
Vapeurs légères
condensées…
… en rêve concassé.
Lumière insoluble.
Gravitation frénétique.
 
A mains nues
mettre en lambeaux
le bronze de l’huis clos des étoiles
enceinte du vide
gouffre bleu
matrice de ténèbres
horizon d’après l’horizon…
 
Fin de la face cachée.
 
Retour au fond du présent…
…quand passe l’oiseau blanc sur une roue de charrette.
 
 
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Concert de rocs
 
à Bruno Toméra                                    
 
Les entrailles d’eau, d’iode et de sel
des montres molles
de l’écume des jours
sourdent en grimaces lasses
à l’odeur de brumes océaniques
Semence des étreintes
aux mèches liquides
la vérité se meurt
dans le creux touffu de l’ombre
où soufflent en bleu des pierres
balayées d’ondées.
Commérage universel
Dialectique solaire
Remuements insensés des lèvres
 
Concert de rocs…
 
… les musiques que j’aime sont mortes !
 
J’ai pris les étoiles dans ma bouche
 

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