Tremper ses mains dans la nuit noire

 

B-Tribute
                                               i.m. Bashung
 
 
 
crédit http://alainbashung.artistes.universalmusic.fr 
 
 
la Mère Sup en a fait des heures sup
pour qu’ la Rouquine Carmel’Hit
parade à ton bras tout c’temps là
avec des hauts - en couleurs
et des bas - résilles. Yeah !
Figure imposée,
terminé
le saut à l'élastique en Vercors
Madame rêve de Goutte d’or
Puis Chloé t’a cloué
au Cantique des cantiques.
 
Vertige de l’amour sexe porte
pourtant t’étais pas Novice
t’avais osé Joséphine
sans rien dire de Gaby,
de Suzanne ou de Lise.
T’avais dit, bien avant ça  
« C’est la faute à Dylan »
et chanté les mots bleus
ou encore 
« je fume pour oublier qu’tu bois...». 
L’imprudence…
Mais « la nuit je mens » tu disais aussi
l’harmonica dans la poche,
rien ne presse, aucun express en vue !
 
et
un jour, clopin clopan, ta clope…
ta vie vas la vida
 
et
un jour highway 61
dans une tire bleu pétrole
t’es parti…
 
et maintenant,
connais-tu le secret des banquises ?
 
 
 
***
 
 
 
Archives du silence
 
 
Au creux du mot instant           
j’emplis le silence de fragments d’irréel
toujours complices de peu importe
 
Aux trois côtés de l’univers implié,
l’au-delà est ici et maintenant
éblouissance ou jouissance
comme une branche de sommeil
quand la nuit se défile
déesse en détresse
dans sa robe d’aube pâle
 
Assemblée de visages en forme de fugue
aux fenêtres qui se mirent
dans le trou noir des lignes courbes
Statues de sel aux yeux bleuis de froid
farine humaine que d’immondes boulangers pétrissent
au champ des horizons incertains
Partout les cris des torturés de l’espérance déchirent
page à page le livre des mensonges
assemblage démagogique
des immondes fouthèses* philosophiques
cage du temps des peuples béants
lieu géométrique du néant
 
Le soleil est déjà haut
ton esprit n’a plus d’ombre
à l’endroit de nulle part
Le passé porte un habit de haine
engendre le corps du présent
ce voyage vers la mort et les mots,
de pleines brassées de mots à brûler,
avant de trouver sous les cendres
ce que tu cherches en vain
aux archives du silence
 
 
* emprunté à Yasmin Hoffmann et Maryvonne Litaize traductrices de Elfried Jelinek,
 
 
 ***
 
Enfants de sable
en une chambre étreinte
corps enlacés de solitude,
le prodige naît de coïncidences
incantation  polyptyque
du chuchotement des larmes du plaisir.
 
Vitesse de vertige
flashes de foudre
influx salé de la mer
grands animaux liquides
ensoleillement secret
l’amour sexe porte.
 
Au dos de l’âme dodeline
un nôtre monde
diffraction du souvenir
dans la lumière des rêves.
 
Mais cessons de battre les sentiers
des Montagnes de Questions
nous avons déjà été jeunes et savons
que la neige est une eau sans reflet
dans la vaste vasque vide de la vie.
et que tout se passe sur un parking à nuages
battu des mots du vent des mouvements du silence
 
 
***